Frédéric Gros·Littérature française·Rentrée Littéraire 2019

Le guérisseur des Lumières

Le guérisseur des Lumières

Frédéric Gros

Éditions Albin Michel

4ème de couv’ :

Franz-Anton Mesmer publie son Mémoire sur la découverte du magnétisme animal en 1779. Il y révèle l’existence d’un fluide universel aux pouvoirs thérapeutiques. Par simples effleurements de la main, ce fluide pourrait guérir et rétablir l’harmonie du corps et de la nature. Rejetée par la médecine officielle, portée par quelques guérisons « spectaculaires », cette théorie vaut à Mesmer une foudroyante popularité. La fièvre mesmérienne enflamme les imaginations, dans la France prérévolutionnaire des Lumières où son harmonie universelle fait écho aux aspirations à l’égalité et à la fraternité. C’est au cœur de cette histoire fascinante, celle d’un homme en qui s’incarne toute l’effervescence d’une époque, que Frédéric Gros, puisant sa matière romanesque au cœur de l’événement historique, nous entraîne.

Mon avis :

📖 📖 📖 / 5

Le roman débute par une lettre de Franz-Anton Mesmer à Mr Wolfant qui vient de lui proposer une chaire sur le magnétisme animal à l’université de Berlin. Il refuse cette offre car il estime que c’est trop tard et qu’il est trop vieux. 

C’est l’occasion pour lui de revenir sur son histoire et sur les accusations dont il a fait l’objet tout au long de sa vie.

On y rencontre les grandes personnalités musicales, littéraires et scientifiques de l’époque. 

Un récit historique passionnant sur l’effervescence du milieu des Lumières.

Bonne lecture !!!

Littérature française·Olivier Adam·Rentrée Littéraire 2019

Une partie de badminton

Une partie de badminton

Olivier Adam

Editions Flammarion

4ème de couv’ :

Après une parenthèse parisienne qui n’a pas tenu ses promesses, Paul Lerner, dont les derniers livres se sont peu vendus, revient piteusement en Bretagne où il accepte un poste de journaliste pour l’hebdomadaire local. Mais les ennuis ne tardent pas à le rattraper. Tandis que ce littoral qu’il croyait bien connaître se révèle moins paisible qu’il n’en a l’air, Paul voit sa vie conjugale et familiale brutalement mise à l’épreuve. Il était pourtant prévenu : un jour ou l’autre on doit négocier avec la loi de l’emmerdement maximum. Reste à disputer la partie le plus élégamment possible.

Comme dans Falaises, Des vents contraires ou Les Lisières, Olivier Adam convoque un de ses doubles et brouille savoureusement les pistes entre fiction et réalité dans ce grand livre d’une vitalité romanesque et d’une autodérision très anglo-saxonnes.

Mon avis : 

📖 📖 📖 📖 / 5

Nous retrouvons un des personnages fétiches d’Olivier Adam, l’écrivain Paul Lerner.

Celui-ci n’a plus le succès d’avant. Lui et sa famille sont repartis vivre ne Bretagne ne pouvant plus faire face au train de vie parisien. Et suite à cette installation de nombreux événements vont bouleverser sa vie.

Nous suivons avec délectation les coulisses du monde de l’édition et le combat des écrivains pour rester dans le lumière.

Olivier Adam nous offre un roman sociétal efficace comme il sait les écrire.

Bonne lecture !!!

Littérature française·Rentrée Littéraire 2019·Santiago H. Amigorena

Le Ghetto intérieur

Le Ghetto intérieur

Santiago H. Amigorena

Éditions P.O.L.

4ème de couv’ :

Buenos-Aires, 1940. Des amis juifs, exilés, se retrouvent au café. Une question : que se passe-t-il dans cette Europe qu’ils ont fuie en bateau quelques années plus tôt ? Difficile d’interpréter les rares nouvelles. Vicente Rosenberg est l’un d’entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Ils auront trois enfants. Mais Vicente pense surtout à sa mère qui est restée en Pologne, à Varsovie. Que devient-elle ? Elle lui écrit une dizaine de lettres auxquelles il ne répond pas toujours. Dans l’une d’elles, il peut lire : « Tu as peut-être entendu parler du grand mur que les Allemands ont construit. Heureusement la rue Sienna est restée…

Mon avis :

📖 📖 📖 / 5

Face à une Pologne stagnante, Vicente Rosenberg quitte Varsovie en 1928 pour tenter sa chance en Argentine. Là-bas il est heureux, il vit sa vie et cela lui réussit plutôt bien. Il reste en contact avec sa mère et ses frères restés à Varsovie et tente de les convaincre de le rejoindre mais sans trop de conviction.

Le roman débute le 13 septembre 1940 à Buenos Aires, nous sommes au début du conflit qui touche l’Europe. A cette date Vicente est marié à Rosita et ils ont trois enfants.

Il a une vision très lointaine du conflit, et ne parvient pas à avoir des nouvelles fréquentes et rassurantes de sa mère.

Commence alors une culpabilité qui va le ronger jusqu’à le faire entrer dans un mutisme dont il ne sortira pas.

Un récit poignant qui donne un autre aperçu du génocide du peuple juif en Europe.

Un roman émouvant pour ne pas oublier et qui rappelle que l’antisémitisme n’est jamais loin.

Bonne lecture !!!

Littérature française·Rentrée Littéraire 2019·Sylvain Prudhomme

Par les routes

Par les routes

Sylvain Prudhomme

Editions Gallimard

4ème de couv’ :

«J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie.»

Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.

Mon avis :

📖 📖 📖 📖 / 5

« Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui partent. Et ceux qui restent. »

Sacha part s’installer dans le sud-est de la France pour un nouveau projet de vie. Là-bas il retrouve « l’autostoppeur », un ami perdu de vue depuis longtemps. Les retrouvailles sont chaleureuses. Il fait la connaissance de Marie, sa femme et d’Agustin, son fils.

Suite à l’arrivée de Sacha, l’autostoppeur part, de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps, pour parcourir les routes de France en stop, laissant femme et enfant derrière lui. Ainsi il y a un tiraillement entre celui qui part et celui qui reste.

Sylvain Prudhomme nous emmène dans un univers où il est question de choix et de routes que chacun emprunte.

Un très bon roman, avec beaucoup de rythme, sur le thème de l’amitié, du désir et de l’amour.

Bonne lecture  !!!

Audur Ava Olafsdottir·littérature islandaise·Rentrée Littéraire 2019

Miss Islande

Miss Islande

Audur Ava Olafsdottir

Editions Zulma

4ème de couv’ :

Islande, 1963 – cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d’accomplir son destin : elle sera écrivain.

Avec son prénom de volcan, Hekla bouillonne d’énergie créatrice, entraînant avec elle Ísey, l’amie d’enfance qui s’évade par les mots – ceux qu’on dit et ceux qu’on ne dit pas –, et son cher Jón John, qui rêve de stylisme entre deux campagnes de pêche…

Miss Islande est le roman, féministe et insolent, de ces pionniers qui ne tiennent pas dans les cases. Un magnifique roman sur la liberté, la création et l’accomplissement.

Mon avis :

📖 📖 📖 / 5

Un très beau récit sur l’accomplissement de soi.

Hekla vit dans la campagne islandaise. Mais sa passion est l’écriture et son désir est de devenir écrivain. Un souhait tellement fort qu’elle décide de partir pour la capitale afin de tenter sa chance. Mais en 1963, la place de la femme n’est pas derrière un stylo et, pour subvenir à ses besoins, elle devient serveuse dans un grand restaurant de Reykjavik.

Audur Ava Olafsdottir dépeint avec brio et avec une grande sensibilité la société islandaise des années 60 ainsi que la difficulté pour ceux qui sont différents d’y trouver sa place.

Un roman poétique avec beaucoup de tendresse que je vous invite à découvrir.

Bonne lecture !!!

Jean-Paul Dubois·Littérature française·Rentrée Littéraire 2019

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon


Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

Jean-Paul Dubois

Editions de l’Olivier

4ème de couv’ :

Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.

Retour en arrière: Hansen est superintendant a L’Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu’il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L’Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l’emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L’Excelsior, des conflits éclatent. Et l’inévitable se produit.

Une église ensablée dans les dunes d’une plage, une mine d’amiante à ciel ouvert, les méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d’un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.

Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu’animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice.

Mon avis : 

📖 📖 📖 📖 / 5

Tout commence dans une cellule de prison à Montréal où Paul Hansen purge sa peine. Il la partage avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.

L’occasion pour lui de faire le point sur sa vie, et, pour nous lecteurs, de découvrir comment il en est arrivé là.

Le roman est construit entre les moments de la vie carcérale et les épisodes de sa vie. Depuis Toulouse où il a vécu avec un père pasteur d’origine scandinave et une mère, un peu rebelle, directrice d’un cinéma ; jusqu’à Montréal où il a trouvé la stabilité qu’il recherchait.

Humour, altruisme, injustice, fraternité, solidarité sont les ingrédients de ce roman finement écrit.

Une vraie petite pépite !

Bonne lecture !!!

Littérature française·Philippe Hayat·Rentrée Littéraire 2019

Où bat le coeur du monde

Où bat le coeur du monde

Philippe Hayat

Editions Calmann-Levy

4ème de couv’ :

« Sa musique décrivait un coin du ciel, une façade éclaboussée de lumière, invisibles sans jazz. Il jouait et la joie se réveillait d’un rien et de partout. »

À Tunis dans les années trente, Darius Zaken est frappé de mutisme après la disparition brutale de son père. Élevé par sa mère Stella qui le destine aux plus hautes études et sacrifie tout à cette ambition, il lutte pour se montrer à la hauteur. Mais le swing d’une clarinette vient contredire la volonté maternelle. Darius se découvre un don irrésistible pour cet instrument qui lui redonne voix. Une autre vie s’offre à lui, plus vive et plus intense.

De la Tunisie française aux plus grandes scènes du monde, en passant par l’Europe de la Libération et l’Amérique ségrégationniste, cette fresque est un magnifique roman d’initiation et d’émancipation, mené au rythme étourdissant du jazz.

Mon avis :

📖 📖 📖 📖 📖 / 5

Darius Zaken, muet, boiteux et juif, est un musicien de jazz de renommée mondiale. Il donne le dernier concert de sa carrière à Paris. Accompagné dans l’ombre par sa fidèle Dinah, cet événement est l’occasion pour lui d’évoquer leur rencontre et de se remémorer sa vie.

Nous découvrons ainsi son enfance à Tunis où il a affronté la plus grande épreuve de sa vie et nous suivons son parcours semé d’embûches.

L’auteur nous fait traverser les grandes périodes de la première moitié du XXème siècle.

Un magnifique roman sur l’ascension d’un homme pour qui la musique est toute sa vie.

Bonne lecture !!!

Littérature française·Rentrée Littéraire 2019·Valentine Goby

Murène

Murène

Valentine Goby

Editions Actes Sud

4ème de couv’ :

Hiver 1956. Dans les Ardennes, François, un jeune homme de vingt-deux ans, s’enfonce dans la neige, marche vers les bois à la recherche d’un village. Croisant une voie ferrée qui semble désaffectée, il grimpe sur un wagon oublié… Quelques heures plus tard une enfant découvre François à demi mort – corps en étoile dans la poudreuse, en partie calciné.

Quel sera le destin de ce blessé dont les médecins pensent qu’il ne survivra pas ? À quelle épreuve son corps sera-t-il soumis ? Qu’adviendra-t-il de ses souvenirs, de son chemin de vie alors que ses moindres gestes sont à réinventer, qu’il faut passer du refus de soi au désir de poursuivre ?

Murène s’inscrit dans cette part d’humanité où naît la résilience, ce champ des possibilités humaines qui devient, malgré les contraintes de l’époque – les limites de la chirurgie, le peu de ressources dans l’appareillage des grands blessés –, une promesse d’échappées. Car bien au-delà d’une histoire de malchance, ce roman est celui d’une métamorphose qui nous entraîne, solaire, vers l’émergence du handisport et jusqu’aux Jeux paralympiques de Tokyo en 1964.

Mon avis :

📖 📖 📖 📖 / 5

C’est l’histoire de François, jeune homme, qui se retrouve amputé des deux bras à la suite d’un accident. Nous suivons ses périples dans l’appropriation de ce « nouveau » corps. François passe par tous les stades : le déni, la colère, le refus, l’oubli, l’abandon, la tristesse. Il doit faire face au regard des autres, trouver des astuces pour la vie quotidienne.

Comment alors accepter l’handicap et comment s’adapter aux situations de la vie courante ?

Puis un jour c’est la révélation, il veut devenir une murène. Pour cela il apprend à nager, il n’y a que dans l’eau où il se sent bien. Le sport l’aide à se relever et le pratiquer devient peu à peu une question de survie.

Valentine Goby nous offre un roman sur la reconstruction du corps et de soi.

Un récit fort, poignant, qui ne vous laissera pas indifférent.

Bonne lecture !!!